Extrait de la gazette N°27 de Sathna
C'est par une loi du 4 avril 1908 que SATHONAY, commune de l'AIN, canton de Trévoux, fut scindée en deux communes telles que nous les connaissons.
De quelle époque datait l'ancien village de Sathonay ? Nous le trouvons écrit sous différentes variantes : Satenay, Satennay, Sathenay, Satonnay, Sathonay? Un document (gazette N°14) nous laisse entendre que Jules César, poursuivant les Helvètes, aurait établi son camp à la Croix de Bussy (alt. 305m), à moins que ce ne soit à l'emplacement de l'actuel camp (gazette N°18).
L'église romane qui figure sur l'entête de la gazette à été consacrée au XII ou XIIIème siècle et placée sous la protection de St Laurent. Elle dépendait de l'abbaye de l'Ile Barbe.
Sathonay n'était qu'une seule commune avec sa mairie, son église, son presbytère, son cimetière. Les paroissiens "d'en bas" montaient au village par un chemin qui n'avait rien de commun avec celui que nous empruntons aujourd'hui.
Alors, pourquoi ce divorce ? Les raisons en sont multiples et, un fois encore, sur un fond de "gros sous" !
Remarquons d'abord que la nature avait préparé la scission, puisque, géographiquement et géologiquement la séparation était consommée par la présence du ravin (gazette 16 et 17).
Mais c'est sans doute, l'arrivée du Maréchal de Castellane (gazette 2 et 7) qui a précipité les évènements, en installant un camp et en introduisant de nombreux "étrangers" dont la principale source de revenus était le négoce, surtout les cafés... et leurs annexes. Sont ensuite venus les artisans et industriels.
Reportons nous aux textes officiels pour nous éclairer.
Note pour Sathonay-Camp (sur demande de M. le Maire à la Chambre des députés,
Préfecture de l'Ain, ministère de l'Intérieur) :
Le village de Sathonay comprenait deux sections : Sathonay-Camp, section n°1 et
Sathonay-Village, section n°2. Ces deux sections avaient des intérêts opposés. Le Camp
est près de la voie ferrée et comprend surtout une population de commerçants et
d'industriels. Les patentes y sont nombreuses et assurent ainsi une grande partie des
revenus de la commune. La section n°2, en raison de l'étendue plus considérable des
terrains absorbe la plus grande part de ces ressources. Les difficultés se sont élevées
quelquefois entre ces deux sections et les rapports entre les habitants du n°1 et du n°2
ont été peu facilités.
Déjà, en 1864, il fut question de séparer ces deux sections.
Le 24 février 1881, le chef-lieu de l'agglomération fut transféré au Camp.
Sathonay-Village fit, à ce moment là une première demande de séparation. Elle fut
repoussée et reprise en 1898. La section du Camp avait fait remarquer que cette division
était contraire aux intérêts de la commune (nous voici dans les gros sous).."
Les recettes étaient en 1898, de 15 504 F 78 cent sur lesquels la section du camp donnait 6808 F pour le camp militaire, 600 F pour le champ de tir, soit 6688 F, près de la moitié du budget sans compter les patentes payées par les commerçants.
Cette situation était tout à l'avantage de la section n°2, puisque les commerçants installés autour du camp avaient achetés leurs terrains à des prix forts aux proprétaires ruraux (3 à 5 F le m2) ou bien ils louaient ces terrains à des prix forts rémunérateurs de 150 F à 200 F la bicherée (1050 m2).
Il serait fastidieux de poursuivre l'énumération des raisons de divorce, toujours liées à la même cause.
Le rapport PIC du 7 février 1910 arbitra les litiges.